Rojava : Fédération démocratique de Syrie du Nord

 

Alors que l'Etat Turc attaque la région d'Afrin beaucoup ne sont pas au courant de la révolution démocratique radicale en cours depuis 2011 et directement inspirée des travaux de Murray Bookchin sur le municipalisme.


Au Camp Climat Ende Gelände, nous avons eu la chance de rencontrer Meike qui fait parti de la Fondation des Femmes Libres de Rojava (Fondation of Free Woman of Rojava). Après avoir vécu trois ans à Rojava, elle nous détaille le fonctionnement de la société démocratique que la population a instauré.

 
 

En 2011, après le printemps arabe, la population syrienne s’est soulevé contre la dictature de Bachar El Assad. Au nord du pays et plus particulièrement dans la région de Rojava, les révolutionnaires ont réussi à construire un nouveau contrat social et instaurer de nouvelles institutions réellement démocratiques. Ces femmes et ces hommes ont construit un nouveau modèle politique basé sur le municipalisme libertaire en repensant le système éducatif, médical, militaire et l'économie locale. Le mouvement révolutionnaire est porté par un puissant mouvement féministe. 

Territoires contrôlé par la région autonome du Rojava en vert et territoires revendiqués en orange.
 

Comme l'explique Reporterre dans leur article très détaillé : "Conseils locaux et démocratie directe paritaire, égalité des genres, pluralisme ethnique et religieux, respect de l’environnement, développement d’une éducation autonome et d’une économie sociale, maisons du peuple, accès aux soins gratuits… Dans ce territoire presque aussi grand que la Belgique, les deux millions d’habitants du Rojava — renommé Fédération démocratique de Syrie Nord — fraient une « troisième voie » émancipatrice entre les dictatures nationalistes d’Assad ou d’Erdogan, et le fascisme islamiste de Daech.

Elles [les forces menées par le parti kurde du PYD (Parti pour l’unité démocratique) et ses forces armées du YPG/YPJ (unités de protection populaires, unités mixtes et féminines] ont impulsé l’auto-organisation de milliers de communes (komîn, plus de 4.000 aujourd’hui), dans les rues, les quartiers, les villes et les villages. Les habitants s’y réunissent chaque semaine, discutent des problèmes locaux, organisent des coopératives, élisent des porte-paroles paritaires chargés de les représenter aux échelons supérieurs, distribuent denrées alimentaires et énergétiques de base aux familles les plus pauvres."

 

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