Syndicat démocratique et philosophie politique de Cornélius Castoriadis

 

Unter_bau est un syndicat allemand, basé à Francfort, qui a pour fondement l’organisation d’une société démocratique. Leur principal objectif est de contribuer à instaurer un fonctionnement démocratique sur les lieux de travail. Ils considérent en effet que le lieu de travail est un espace commun où l’on doit composer avec une diversité de personnalités, c’est l’un des premier lieu de sociabilité et d’organisation des sociétés contemporaines. Cela peut être un lieu expérimentation de nouvelles pratiques d'organisation comme le font les Sociétés Coopératives et Participatives (SCOP) et devenir un des lieux d'apprentissage de la démocratie.

Jonathan, qui réalise une thèse sur Cornélius Castoriadis, et les membres de Unter_bau, font le constat que nos sociétés ne sont pas des démocraties. Pour changer cela ils ont entreprit de s’organiser sur les lieux de travail donc sous la forme d'un syndicat. Pour permettre aux gens de décider eux-mêmes comment améliorer leurs conditions de travail, leur façon de travailler. L’organisation Unter_bau est critique envers les syndicats traditionnaux qui ne sont pas organisés de façon démocratique: "ce sont des professionnels payés qui font tout le travail". L'organisation en lobbies de travailleurs peut être utile pour faire pression contre les employeurs ou les gouvernements mais elle ne permet pas d’activer des gens, de leur permettre de s’approprier les thématiques et de s’engager durablement. Ce n’est pas un modèle où les capacités des gens pour l’engagement démocratique sont vraiment cultivées. Pour le syndicat Under_bau, il est nécessaire de créer des formes différentes d’organisation qui, à la base, sont construites pour permettre aux gens de s’organiser eux-mêmes et de cultiver l’idée que les gens sont en capacité de gérer leurs propres activités.

 

Pour les membres du syndicat Unter_bau cette forme d'organisation est celle d’une assemblée démocratique où les personnes élus ne sont pas des représentants mais des délégués qui sont directement responsable devant l’assemblée et peuvent être révoqués à tout moment. Les élus sont seulement des éxécutants des décisions de l'assemblées. 

La démocratie selon Cornélius Castoriadis

Cornelis Castoriadis est un intellectuel et philosophe qui à fournit, depuis les années 1950, un apport contemporain conséquent au théorie sur la démocratie. Comme l’avait fait Rousseau face à Montesquieu, Castoriadis oppose le système représentatif, d’essence aristocratique, au système démocratique.

La démocratie est un système politique où l’individu ne délègue pas sa prise de décision, son vote, à une autre personne mais l’exerce directement. Enrichie par l’analyse de Marx, Castoriadis décrit comment les structures institutionnels de la République représentative aliènent le citoyen, comme l’ouvrier dans l’usine, en le renferment uniquement dans sa fonction d’électeur. Critiquant la déviance autoritaire et nationaliste du communisme et l’incapacité de cohérence globale de l’anarchisme, dotant plus contemporaine avec la problématique du changement climatique qui nécessite une approche local et globale, Castoriadis propose une analyse permettant de les réconcilier et de les dépasser dans ce qui pourrait être appelé la démocratie radicale.

Cornélius Casoriadis définit la démocratie comme un système dans lequel les individus sont en capacité de délibérer sur les sujets qui les concernent en connaissances de cause. Décider soi-même et posséder les connaissances nécessaires à cette décision. Actuellement les enjeux politiques ne sont pas compréhensibles pour la plupart des gens car ils ne sont pas élaborer en ce sens. L’une des tâches majeures d’une société démocratique serait de faire un énorme travail de transparence, de clarification et de synthétisation de l’information publique. Le programme « langue claire » engagé par le gouvernement norvégien pour rendre la langage politique et administratif beaucoup plus accessible et un bon exemple. 

Bien entendu les problématiques politiques de nos sociétés contemporaines mondialisés sont complexes mais c’est un travail de première importance de les rendre compréhensibles. Aujourd’hui l’adage "nul n’est censé ignorer la loi" est devenu obsolète et, si l’on prend au sérieux la démocratie, alors l’accessibilité des textes de loi et décrets devrait être un priorité contrairement aux dynamiques de surproduction législatives qu'engendre le système de République réprésentative. Les fondements d’une démocratie serait de créer des intuitions appréhendable par la grande majorité de la population, loin du millefeuille territorial et des répartitions des compétences qui en découle.

 

Rendre accessible les informations pertinentes est un défi fondamental pour une démocratie. Selon Cornélius Castoriadis et les membres de Unter_bau cela devrait être la tâche principale de l’Etat : collecter et mettre en forme ces informations publiques pour qu’elles soient appropriables par la population, pour qu’elles nourrissent le débat politique et puisse être le socle commun des prises de décisions des assemblées de démocratie directe localisées. Cette tâche de collecte et de transformation étant loin d’être neutre elle nécessiterai des délégués élus révocables ayant deux tâches principales : le traitement et la transmission de ces informations et l'encadrement de l’administration dans la mise en place des décisions des assemblées.

 

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