Fearless Cities - Barcelone

 
 

Le 6, 7 et 8 juin nous avons participé au premier sommet international sur le Municipalisme g râce au soutien de la Fondation Charles Leopold Mayer et de Commonspolis. Ce détour sur notre route, alors même que nous avions abandonné l’idée de parcourir l’Espagne (malgré sa dynamique citoyenne et démocratique) s’est justifié par l’opportunité de nouer des contacts à travers l’Europe .

 

Le municipalisme en ce qu’il peut se résumer à une plateforme locale entre gouvernement et mouvements citoyens, ne peut se passer de formes innovantes de gouvernement partagé. Nous n’avons pas été déçus : l’Europe était présente dans sa diversité. Dès le premier soir, force était de constater qu'avaient répondu à l'appel de Barcelona en comù des villes d’un peu partout dans le monde : de Vancouver à Valparaiso, du Rojava à Philadelphie, de Barcelone à Grenoble.

 

La soirée d’ouverture donne le ton : les mairesses (Ada Colau & Manuela Carmena) squattent largement le devant de la scène. L’un des mot d’ordre et d’espoir de ce premier sommet municipaliste est « feminize politic » et lors des ateliers s’échangent des manières de concrétiser la parité au sein des organisations et des gouvernements locaux. Pour représenter la France, une intervention du maire de Grenoble, Eric Piolle, en anglais, qui doit composer avec les interventions pleines d’enthousiasmes révolutionnaires qui l’ont précédé.

La soirée se clôture par une banderole : Trump : the planet first ! L’exemple du président américain est de nombreuse fois mentionné comme le résultat édifiant des politiques publiques basées sur la peur et donc en opposition radicale avec les villes sans peurs, les "Fearless cities" présentent ici.

 

Le lendemain, nous sommes invités à participer à plusieurs ateliers. Compte tenu du nombre de participants (600 personnes), les ateliers prennent davantage le format de conférence. Les quelques tours de table sont toutefois l’occasion de se rendre compte de la très forte présence des villes étasuniennes et des membres de Barcelona en Comu, Zaragosse en Comu et des autres listes citoyennes "en Comu".

L’atelier «Municipalisme for Dummies» cadre politiquement le sujet là où les autres ateliers ont davantage un aspect pratiques. L’après midi, un atelier « Comment créer sa plateforme municipaliste ? » permet de découvrir les exemples d'empowermnent et de luttes pour l’instauration d'un pouvoir local plus démocratique au kurdistan turc, dans la ville de Jackson (USA), de Barcelone et de la plateforme Massa critica. Enfin, un atelier sur « Comment créer une plateforme municipaliste dans les pays sans crises ? » permet d’apprécier le fossé qui sépare aujourd’hui Europe du Sud et Europe du Nord.


Du coté des participants, l’on croise pour partie des élus, venus aussi bien de Pologne que de Guinée, qui témoignent et racontent leur expérience municipaliste. S'il n'existe pas de modèle Municipaliste,  les différents témoignages ont l'avantage de diffuser l'idée que "c'est  possible" chez les participants. L’on trouve également beaucoup de personnes engagées dans des associations autour du mal logement ou de l’innovation démocratique. C’est l’occasion pour nous de faire le plein de contact non institutionnels.


Dans les temps laissé pour le « side event » on parle de constituer des réseau. Réseau Francophone, réseau étasunien, réseau d’amérique latine. L’idée est de continuer à agir ensemble. Ce premier sommet prend des airs de forum social mondial municipaliste.


Pourquoi Barcelona en Comù semble tant tenir à partager ses outils et son expérience? La réponse est explicite : après deux ans de mandat Barcelona en comù se sent fragilisée. Sa victoire surprise a poussé les forces traditionnellement au pouvoir  à se réorganiser pour lui ôter les moyens d’agir. Le pouvoir judiciaire notamment, largement corrompu, empêtré dans le post franquisme, semble près a tout pour faire échec à la politique mise en place par Bracelona en Comù.


La réponse est également idéologique. Dans leur guide pour la constitution d’une plateforme municipaliste le lecteur est averti dès la première ligne : "En tant que citoyennes et citoyens participants au projet de Barcelona en Comù nous pensions d’emblée que la rébellion démocratique à Barcelone ne constituerait pas un simple phénomène isolé. Nous souhaitions que Barcelone soit le fer de lance d’une révolution citoyenne en Catalogne, en Espagne, au Sud de l’Europe et au delà encore. (…) Nous avons décidé de nous emparé de la Ville".

 


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