Carte Mundraub : un exemple de commun à Berlin

 

A travers l’exemple de la carte Mundraub qui permet au berlinois, et aux allemands en général, d’obtenir et de partager des informations sur les comestibles poussant près de chez eux, Adrien Labaeye nous familiarise avec le concept des « communs ».

Les communs, késako ? Voilà un concept politique dont beaucoup se réclame. Tel « l'avenir en commun », slogan de la France Insoumise au présidentielle de 2017, les communs semblent désormais pénétrer l'imaginaire politique. Mais qu'est-ce qu'au juste « qu’un commun » ? En quoi cela pourrait il bouleverser notre manière de nous organiser ? Pourquoi ce concept ringardise t’il gestion publique et gestion privative des ressources ? Adrien Labaeye, doctorant à la Humbolt Université de Berlin nous l’explique.

Popularisé en 2009 après le prix nobel d’économie d'Emilie Ostrom, et adoptée par divers penseurs comme Vandana Shiva, les communs sont un ensemble d'éléments naturels transformés en ressources pour les besoins humains et dont la caractéristique réside en leur gestion ni publique ni privé. Selon Wikipédia, parfait exemple de commun de la connaissance sur internet « Le bien commun est défini comme relevant d'une appropriation, d'un usage et d'une exploitation collectifs. Les biens communs correspondent à des objets aussi divers que les rivières, le savoir ou le logiciel libre et renvoient à une gouvernance communautaire. Ils supposent ainsi qu'un ensemble d'acteurs s'accorde sur les conditions d'accès à la ressource, en organise la maintenance et la préserve. »


Pour nous, les communs font partis du voyage en ce qu'ils nécessitent une organisation horizontale, une autogestion et donc un fonctionnement démocratique. On ne le précisera jamais assez les communs relève d'une auto organisation qui n'émane ni de l'institution ni du secteur privé mais des usagers qui s'auto attribut la légitimité de la gestion de la ressource ou du bien en commun. C’est donc une organisation sociale où les habitants, conscients de leur pouvoir d’agir et de leur pouvoir de gérer, assurent eux mêmes le bon fonctionnement d’une ressource appartenant à tous.


La question des communs urbains

En ville, il est considéré plus difficile de faire de la gestion en commun. En effet, selon les recherches d'Ostrom, la gestion en commun devient plus difficile dès lors que l'on atteint le seuil de 30 000 individus concernés par la gestion du commun.

En outre, comme l'explique Adrien Labaeye dans cette vidéo, l'espace urbain est très précisément délimité entre espace public et espace privé. Lorsque nous sommes chez nous, nous sommes dans l'espace privé, une fois la porte ouverte et sans transition nous entrons dans l'espace public. Or les communs, puisqu'ils ne sont ni public ni privé, nécessitent cette zone blanche, plus difficile à trouver en ville.


Nouvelle technologie de l'information et de la communication et mise en commun des données

Bien que spécifique, l'objet d'étude d'Adrien Labaeye n'en est pas moins très actuel. En effet, en considérant la représentation dans l'espace virtuel des communs, Adrien s’intéresse également à la détention des données. Comme nous allons le voir à Prague et comme nous en parlions à Bruxelles, institutions et citoyens doivent aujourd'hui se poser différemment la question de l'information et des données. Avec l'arrivée des smartphones, nous donnons a de grande multinationales privées toute une série d'informations très utiles pour la gestion publique ou la gestion en commun. Si les cadastres existent en France depuis plusieurs siècles, cette connaissance de l'espace est en phase d'être supplantée par la précision (géographique et temporelle) de Google Map. Or cette connaissance n'est pas simplement de nature à nous faciliter la vie lorsque nous cherchons notre chemin dans une ville étrangère, c'est aussi un moyen de tirer un revenu publicitaire conséquent.

Ne serait-il pas plus pertinent, grace à l’open data, de permettre une gouvernance en commun des données ?

 

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